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Yakisugi : le bois brûlé qui fait doucement sa place dans l’architecture contemporaine

Dernière mise à jour : 11 déc.


Technique ancestrale japonaise plusieurs fois centenaire, le Yakisugi (ou Shou Sugi Ban) connaît aujourd'hui un véritable essor dans l’architecture contemporaine européenne. En Belgique, ce bois brûlé séduit autant pour son esthétique profonde que pour ses performances techniques : résistance naturelle, stabilité, durabilité et faible entretien. Retour sur une technique ancienne devenue un matériau d’avenir.



Le Yakisugi, un savoir-faire japonais


Un savoir-faire japonais


Le Yakisugi est né sur les côtes japonaises, où les façades en bois devaient résister au vent, à l’humidité et aux incendies. Le procédé est étonnant : brûler la surface du bois pour le rendre plus résistant et plus durable.


Origine du mot


Yaki : brûler

Sugi : cèdre japonais


La carbonisation superficielle forme alors une couche noire, dense et stable. Cette peau carbonisée protège naturellement le bois, un peu comme une coque minérale qui ralentit sa dégradation.


Comment le bois brûlé est fabriqué ?


Deux techniques existent aujourd’hui.


1. La méthode traditionnelle


Trois planches assemblées en cheminée sont brûlées de l’intérieur. La combustion uniforme crée une couche de carbone de 3 à 5 mm.


2. La méthode moderne


Plus courante en Europe :


  • brûlage au gaz haute température

  • refroidissement

  • brossage éventuel

  • finition à l’huile selon l’aspect recherché


Cette approche garantit une qualité stable, essentielle pour le secteur de la construction.


Petit à petit, le Yakisugi s’impose en Europe


L’arrivée du bois brûlé en Europe doit beaucoup aux architectes japonais et nordiques qui l’ont remis à l’honneur dans les années 2000. La Belgique s’en est emparée rapidement : la recherche de matériaux naturels, résistants et expressifs a largement favorisé son adoption.

Les raisons de son succès


  • Un matériau durable et sans entretien lourd

  • Un bardage bois avec une identité forte

  • Une compatibilité parfaite avec les esthétiques contemporaines (briques sombres, béton brut, aluminium noir…)

  • Une technique éprouvée

Un matériau naturellement performant


Contrairement aux idées reçues, le Yakisugi n’est pas seulement esthétique. Sa carbonisation modifie ses propriétés de manière significative.


Une résistance accrue au feu


Le bois brûlé est moins inflammable en surface que le bois brut : la couche carbonisée ne contient plus de composés volatils. Elle agit alors comme un écran thermique, ralentissant la propagation du feu et la vitesse de carbonisation. Un vrai bénéfice pour les façades, même si la classification européenne reste inchangée.


Classification 🇪🇺


La carbonisation améliore réellement la tenue du bois au feu : la couche noire agit comme une barrière thermique et ralentit la combustion. Cependant, cette amélioration n’est pas prise en compte par la classification européenne (EN 13501-1), qui classe le Yakisugi comme un bois standard.


Il se comporte donc mieux en pratique, mais sa classe feu réglementaire reste inchangée.


Durabilité exceptionnelle


Le Yakisugi est particulièrement adapté à nos climats (pluie fréquente, variations thermiques). Posé en bardage, les études japonaises lui attribuent une durabilité de plus de 80 ans.


Son secret ? La couche noircie :


  • n’est pas nutritive pour les champignons

  • repousse naturellement certains insectes

  • diminue la porosité

  • augmente la stabilité dimensionnelle


Résultat : un bardage qui vieillit bien et demande peu d’entretien.


yakisugi-essences

Quelles essences pour un Yakisugi chez nous ?


Le Japon utilise le sugi, introuvable chez nous, mais rassurez-vous, nous avons en Belgique des essences très adaptées :


  • le Douglas — excellent rapport stabilité / prix

  • le Mélèze — naturellement durable

  • le Western Red Cedar — proche du sugi par sa légèreté et sa régularité

  • l'Accoya — stabilité dimensionnelle exceptionnelle

À savoir


Toutes ces essences réagissent très bien à la carbonisation. Le choix dépendra du budget, de la teinte souhaitée et du niveau de brossage.

Fixations


On prendra garde à utiliser des vis inox A2 ou A4 car la couche carbonisée peut être légèrement acide.


Détails de mise en œuvre


  • lame ventilée obligatoire

  • drainage en pied de façade

  • protection des zones éclaboussées

  • attention aux angles sortants (prévoir des profils ou un traitement adapté)


Conclusion


Le Yakisugi n’est pas un effet de mode. Sa carbonisation en fait un matériau robuste, stable et parfaitement adapté aux façades. Dans un contexte où durabilité et sobriété guident de plus en plus les choix architecturaux, le bois brûlé offre une alternative crédible aux bardages traditionnels : esthétique, performant et durable.


En savoir plus ?


Hout Info Bois conseille les professionnels du secteur de l'architecture et de la construction dans le choix et l’utilisation du bois.


Centre national d’informations techniques sur le bois

Tel. 02 219 27 43



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